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À la Une: qui est responsable de l'afflux migratoire et du drame de Ceuta?

À la Une: qui est responsable de l'afflux migratoire et du drame de Ceuta?

C’était mercredi et jeudi dernier : plusieurs dizaines de milliers de personnes, marocaines mais aussi des migrants subsahariens, arrivent par la mer, à la nage, dans l’enclave espagnole et l’investissent. Le bilan est lourd : la délégation du gouvernement espagnol fait état de 72 morts, les autorités de la ville autonome en recensent 88. Pour sa part, l’Association marocaine des droits humains évoque près de 130 victimes et des dizaines de disparus, un décompte qui n’a pas été confirmé de manière indépendante. Depuis, la plupart des candidats à l’exil ont été expulsés ou sont partis d’eux-mêmes. Alors comment ce drame a-t-il pu survenir ? Qui est responsable ? Tout d’abord, pointe le site marocain Médias 24, « il n’est guère surprenant qu’un tel épisode ait donné naissance à une multitude de théories du complot, chacune plus imaginative que l’autre. Certains soutiennent que le Maroc aurait volontairement organisé cette traversée afin de relancer le dossier des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. D’autres évoquent une prétendue coordination entre Rabat, Israël et Washington destinée à punir Madrid pour ses positions sur la Palestine ainsi que sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran. D’autres encore affirment que le Maroc aurait instrumentalisé la migration pour rappeler au Premier ministre espagnol, qui s’est rendu dernièrement à Alger – principal rival de Rabat dans le dossier du Sahara – l’importance du levier stratégique dont dispose le Royaume sur la sécurité de l’Espagne ». Une décision de justice déformée et amplifiée… Non, tout cela est faux, affirme Médias 24. « Le véritable déclencheur, affirme le site marocain, est cette décision de justice rendue le 8 juillet dernier par le Tribunal constitutionnel espagnol. Décision selon laquelle les personnes atteignant le territoire espagnol à la nage ne peuvent faire l’objet d’un refoulement immédiat vers le Maroc. Mais doivent voir leur situation juridique examinée individuellement avant qu’une décision ne puisse être prise quant à leur éventuel éloignement ». « Vingt-deux jours, pointe le site marocain Le Desk, séparent cette décision de justice de la ruée du 30 juillet. Dans cet intervalle, l’arrêt a été traduit, commenté, reformulé puis réduit à un énoncé qu’il ne contient pas : toute personne qui atteint le territoire espagnol par la mer ne peut plus être renvoyée. Des dizaines de milliers de jeunes Marocains sont partis sur cette base, alors qu’en réalité, si la procédure change, ce n’est pas le cas de son issue possible, qui peut parfaitement rester le renvoi vers le Maroc. » Bref, la rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux a fait son œuvre…Justement, Le Monde Afrique a consulté de nombreux comptes ou groupes consacrés à l’exil vers Ceuta, certains existent depuis des années. « Difficile, affirme le journal, d’établir la responsabilité directe de ces contenus dans l’afflux des 30 et 31 juillet. La diffusion néanmoins massive, sur ces comptes déjà établis et très suivis, de l’arrivée de nombreuses personnes à Ceuta a probablement contribué à un effet "boule de neige", encourageant de nouvelles personnes à se lancer. Beaucoup d’informations et de rumeurs ont par ailleurs circulé sur des groupes privés WhatsApp ». Quatre jeunes Marocains sur dix sans travail… Ce qui est indiscutable dans ce drame, c’est qu’une grande partie de la jeunesse marocaine est sans horizon… C’est ce que relève le site Afrik.com : « Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict des 15-24 ans atteignait un peu plus de 27 % selon le Haut-Commissariat au plan marocain. Dans le Maroc de Mohammed VI, qui multiplie les grands chantiers et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030, plus de quatre jeunes sur dix demeurent privés d’un travail à la mesure de leurs besoins. Pourtant, beaucoup de ces jeunes sont diplômés mais leur salut semble devoir passer par l’exil. Ces chiffres n’expliquent pas seuls l’afflux vers Ceuta, pointe encore Afrik.com. Les rumeurs en ligne y ont contribué, comme la décision judiciaire espagnole et l’effondrement ponctuel du contrôle frontalier marocain. Ils aident en revanche à comprendre pourquoi des dizaines de milliers de personnes ont accepté de risquer leur vie pour quelques mètres de territoire européen ».

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Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]

Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]

Feuilles de manioc, arachides et patates douces : tous ces produits frais du Congo-Brazzaville manquent aux Congolais de la diaspora. Dans le quartier de Château Rouge, la boutique Les Terroirs du Congo fait le pari d'importer des produits bio tout droit du pays, du champ à l'étal parisien, sans intermédiaire ou presque. Lydie, la patronne, a créé une filière qui soutient des dizaines de familles au Congo. Reportage de Tom Schneider dans une boutique bio pas comme les autres. Les cartons de produits frais s'empilent à l'entrée des Terroirs du Congo, une petite boutique nichée aux abords de Château Rouge à Paris. « Dans la semaine, on a trois arrivages : deux de Brazzaville et un de Pointe-Noire », explique Lydie, la patronne. Lunettes de soleil et pagne coloré, elle organise la livraison et oriente les clients fidèles, comme Shelly. « Aujourd'hui, je vais acheter le manioc et l'huile de palme. Mon produit préféré, c'est le saka saka », explique cette dernière. Le saka saka, préparé à base de feuilles de manioc pilé, est l'un des plats les plus populaires du Congo-Brazzaville. Il est aussi apprécié par une autre habituée, qui se fait appeler Joy Manioc : « Je fais acheter la nourriture du pays. Il y a tout ici pour le Congo. Raison pour laquelle je viens le jour même de la livraison. » Le succès de sa boutique, Lydie le doit à sa renommée. Sa sœur était l'une des premières Congolaises à vendre des produits africains dans le quartier, au début des années 1990. Bien qu'il n'existe que très peu de labels certifiant de la qualité au Congo, Lydie s'assure elle-même de la fraîcheur de ses produits : « C'est naturel, c'est frais, juste cueilli, emballé dans des cartons la veille et le lendemain matin, c'est arrivé à Roissy. Ce sont des produits bio. L'huile de palme, par exemple, c'est de l'huile bio sans rien d'ajouté, faite artisanalement par des paysans. » Lydie a pu construire un modèle d'approvisionnement durable et circulaire qui profite aux productrices du Congo-Brazzaville. « J'ai recensé quelques mamans qui vendaient au marché et qui font du très bon manioc. Cela leur évite d'aller rester au marché, de ne pas terminer leur quantité de marchandises à vendre. Elles ont des commandes toutes les semaines, cela leur fait un complément de revenus », confie-t-elle. Un kilo de feuilles de manioc acheté environ deux euros à Brazzaville est souvent revendu près de dix fois plus cher à Paris. Le fret aérien constitue souvent plus de la moitié du prix final. Lydie avoue donc se fournir auprès d'autres pays africains, même si c'est une situation qu'elle aimerait voir évoluer ces prochaines années. À lire aussiCongolais de Paris: les jeunes de la diaspora font vivre la rumba congolaise [2/5]

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Le Sénégal peine à attirer les investissements étrangers malgré son potentiel économique

Le Sénégal peine à attirer les investissements étrangers malgré son potentiel économique

Après quatre années florissantes, où ils ont atteint en moyenne trois milliards de dollars par an, les investissements étrangers au Sénégal (IDE) ont chuté à 37 millions de dollars en 2025, comme le pointe le rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). S'agit-il de la fin d'un cycle massif d'investissements, ou d'une frilosité vis-à-vis du gouvernement et de sa politique financière ? L'effondrement des investissements est avant tout conjoncturel : les grands projets pétroliers et gaziers de Sangomar et de Grand Tortue ont entraîné un afflux de financements ces dernières années, mais le gros de ces investissements est terminé. L'heure est maintenant à la production. Le Sénégal aurait pu cependant recevoir beaucoup plus que les 37 millions de dollars comptabilisés en 2025, estime Moubarak Lo, ancien conseiller économique de la primature, aujourd'hui consultant : « Le Sénégal peut, de manière structurelle, maintenir trois à cinq milliards de dollars par an [d'investissements], mais cela suppose une promotion active de l'économie. Or, le pays n'a pas de réseau de promotion des investissements à l'étranger, contrairement à d'autres pays. On fait des roadshows mais ça ne suffit pas. On ne peut pas se limiter à attendre, il faut être proactif, on sait le faire pour l'investissement en portefeuille dans les titres d'État ou les bons du Trésor ou les obligations, mais on ne sait pas le faire pour les investissements directs et c'est cet aggiornamento qu'il faut faire. » Manque de visibilité L'endettement colossal du Sénégal – dette évaluée à 132% du PIB fin 2024 par le FMI – pourrait, sur le papier, agir comme un repoussoir. Mais dans les faits, il n'y a pas de raison qu'elle pèse sur les investisseurs privés, selon l'expert sénégalais. Justin Maria, directeur France d'Access Bank, confirme que la dette n'est pas un argument. Il cite à titre d'exemple la France, qui attire des investisseurs privés malgré sa dette publique de 3 500 milliards d'euros. Pour lui, c'est l'absence de visibilité qui peut inquiéter : « Le Sénégal est devenu un pays à risque. Pas tant sur les fondamentaux à long terme, car personne n'a de boule de cristal ; par contre, à court terme, on n'a pas de vision sur l'état des finances publiques, l'état des liquidités, c'est ce qui bloque les investisseurs. » « On peut redresser la barre l'année prochaine » Moubarak Lo réfute le qualificatif de pays à risque et pense que le Sénégal a les moyens de retrouver très vite son attractivité, même si le Fonds monétaire international, qui a suspendu son programme fin 2024, est toujours en discussion avec Dakar.   « Aujourd'hui, le pays a une vingtaine ou une trentaine de projets d'envergure. Il faut prendre chaque projet, aller voir les cinq ou six entreprises clés au niveau mondial et convaincre l'une d'elles d'investir dans le pays. On peut redresser la barre dès cette année, ou plus certainement en 2027, le Sénégal », assure l'économiste. Contrairement au Sénégal, d'autres pays ont vu leurs investissements directs augmenter l'année dernière. La Guinée arrive en tête, avec plus de 7 700 millions de dollars reçus en 2025, selon le rapport de la Cnuced.   À lire aussiSénégal: pourquoi les investissements directs étrangers s'effondrent-ils?

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