J’ai traversé les années sans trop savoir comment, mais je suis encore là.
Ça me manque parfois. C’était presque rien, mais j’y repense encore.
Je ne suis qu’un passager. J’essaie d’aimer le voyage tant qu’il dure.
Le bonheur, je crois juste qu’il ne faut pas trop compter dessus.
Le problème lui-même est supportable. C’est tout ce qu’on imagine autour qui devient insupportable.
C’est ce qui me fascine le plus dans cette ville : les époques s’y superposent sans totalement disparaître. Derrière la splendeur, il y a les façades défraîchies, les jardins silencieux, les traces oubliées du passé. Elle fut le paradis des uns, le refuge des dernières saisons pour d’autres.
La fin de l’été a cette langueur des histoires qui s’achèvent : la mer tiède, le soleil plus bas, les plages vides et les promenades sans savoir où aller.
Après avoir mis sa relation en scène sous tous les angles, elle met désormais en scène sa rupture.
Cette manie de donner sa petite personne en spectacle dit quelque chose du vide existentiel de cette époque.
C’est toujours étrange d’entrevoir une autre personne derrière celle qu’on pensait connaître.
« J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant. »
La nostalgie s’attache souvent aux choses les plus simples.
À force d’efforts, je retrouve peu à peu cette sensation presque extatique : celle de pouvoir courir sans effort dans la chaleur de l’été.
J’observe tout se déliter peu à peu autour de moi, obstiné à demeurer impavide, quoi qu’il advienne.
La réalité finit toujours par te rattraper. Tu peux mentir aux autres, tu peux mentir à toi-même, tu peux construire tous les récits que tu veux : tôt ou tard, tu te cognes au réel.