.[Cannes 2026] • En salles le 17 juin 2026. / Interview B.O : Laetitia Masson (ULYSSE), « L’âme du film devait être le piano de ce père absent. » • #Cannes2026 #musiquedefilm •
Laetitia Masson relate dans ULYSSE (présenté en clôture d'Un Certain Regard à Cannes, et en salles le 17 juin 2026), l'épopée humaine d'une mère dévouée, Alice (Élodie Bouchez), s'obstinant pour que son fils handicapé, Ulysse (Alphonse Masson, le propre fils de la cinéaste), puisse intégrer la société et assouvir son rêve de devenir chef cuisinier, tandis que le père (Stanislas Merhar), pianiste de métier et souvent absent, incarne par son art une quête d'excellence qui infuse chez l'enfant. Musicalement, le choix du piano solo du père évoque la discipline et une forme de réussite qui plane sur le foyer à travers une sélection d'œuvres classiques (Frédéric Chopin, Franz Liszt), apportant une dimension intemporelle et élégante au sujet du handicap, tout en évoquant le cinéma burlesque ("Le Kid") où le piano accompagne le duo mère-fils sans verser dans le pathos. La scène qui met en parallèle le père pianiste en concert au sommet de sa gloire et le premier job du fils avec un plateau vascillant tisse par la musique le lien paternel. Sans cynisme, le ton comme la mise en scène s'éloignent du naturalisme pour instaurer un imaginaire idyllique, fait de tendresse et de grâce, en contrepoint des institutions froides et inadaptées. On y entend par ailleurs un répertoire classique dense traversant les époques baroque, classique et romantique avec des piliers tels que Beethoven ("Sonata No. 26"), Chopin ("Sonata No. 2") et Schubert, côtoyant les sonorités mécaniques de l'orgue de barbarie de Nicolas Dambroise et le standard soul magistral de Nina Simone ("Feeling Good") pour le final.
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