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Congolais de Paris: les femmes pasteures des églises évangéliques de réveil [4/5]

Congolais de Paris: les femmes pasteures des églises évangéliques de réveil [4/5]

Dans les Églises de réveil de la région parisienne, les femmes montent de plus en plus en chaire et prennent la parole. Face à des assemblées composées en grande partie de fidèles issus des diasporas africaines, elles prêchent et prophétisent. C'est une évolution qui bouscule les codes d'un monde religieux longtemps dominé par les hommes. Tom Schneider est allé dans ces églises évangéliques animées, où la foi se décline de plus en plus au féminin. Dans un petit local préfabriqué d'une zone industrielle de Bussy-Saint-Georges, commune de Seine-et-Marne en région parisienne, Grace Babela officie le culte au Centre évangélique de Paris. Elle est pasteure et prophétesse depuis 2021 et donne de sa voix pendant plus d'une heure et demie. Robe blanche argentée et micro en main, elle prêche au milieu des chaises dorées et des quelques dizaines de fidèles réunis ce jour-là. Son église est fortement fréquentée par les diasporas africaines. Bien que les églises de réveil permettent aux femmes de devenir pasteures, Grace a tout de même fait face à certains préjugés sexistes. « Je suis un blasphème pour certains chrétiens. Il y a des personnes, même au sein des églises évangéliques, qui estiment que la femme ne devrait pas "prendre autorité sur des hommes". Parce qu'ils estiment qu'une femme qui prêche sur le pupitre et qui enseigne la parole dans une assemblée où il y a des hommes et des femmes, c'est comme si elle prend autorité sur les hommes. Beaucoup ne l'acceptent pas encore, en 2026 », regrette-t-elle. La chercheuse en sociologie Sarah Demart écrivait, dans un article publié en 2017, que les femmes sont de véritables piliers de ces économies religieuses, notamment par leur insistance à convertir les hommes. Fanny fréquente les églises de réveil depuis quatre ans, et depuis quelques mois, elle vient avec son mari : « J'ai réussi à l'emmener. Au début, il ne voulait pas du tout venir justement parce que c'était animé par des femmes. Une fois que je l'ai traîné, ça lui a beaucoup parlé. Maintenant, on y va ensemble et il aime beaucoup. » Ce que Fanny apprécie, c'est la proximité qu'elle ressent avec les femmes qui officient le culte. « Cela me touche plus. Elle parle avec le cœur de ce que tu vis. Elle me parle de mon quotidien. J'ai l'impression qu'elle m'aide aussi à comprendre mes problèmes et comment les résoudre. Pour moi, c'est une autre approche, moins dogmatique », explique-t-elle. Suivies par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, leur influence dépasse la sphère religieuse. Elles prodiguent conseils patrimonial, professionnel et financier. Naviguant entre les continents, certaines sont ainsi devenues de véritables célébrités. À lire aussiCongolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]

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Le Gabon veut prendre le virage de l'exploitation minière

Le Gabon veut prendre le virage de l'exploitation minière

Le Gabon, qui fait face à une chute de sa production pétrolière, mise désormais sur l'exploitation minière. Les annonces se sont succédé ces derniers mois, avec des engagements financiers de plusieurs centaines de millions de dollars. Des travaux de recherche et d'exploration sont en cours dans plusieurs provinces du pays et d'ici à 2030, le pays pourrait devenir un des leaders mondiaux de la production des minerais. Avec notre correspondant à Libreville, Sept mois après son arrivée à la tête du ministère des Mines du Gabon, Sosthène Nguema Nguema dit sentir un frémissement en passe de faire de l'exploitation minière le nouveau moteur de l'économie gabonaise actuellement dépendante des recettes pétrolières. « Nous avons identifié et fait une programmation par rapport à l'ouverture de plusieurs mines entre 2026 et 2030. Dans cette fourchette, il a été identifié à peu près huit mines qui pourront voir le jour. Donc on aura la mine de Milingui pour le fer, la mine de la potasse, la mine d'Etéké pour l'or, la mine de Baniaka pour le fer. On a la mine de Mébaga, pour le fer également. Et on a la mine de M'Bilan pour le fer », détaille le ministre. L'ouverture des nouvelles exploitations créera naturellement des milliers d'emplois. Le ministre projette surtout une croissance à deux chiffres dans le secteur. « Nous sommes à hauteur de 6% aujourd'hui et nous envisageons de relever ce pourcentage dans les mois et les années qui suivent pour essayer de franchir la barre de 15-20% », précise Sosthène Nguema Nguema. Espoirs de retombées économiques Tout cela est possible, mais l'économiste Orphée Mouelé, formé à l'université Omar Bongo, pose le préalable du développement des infrastructures. « D'un point de vue technique, le succès repose sur plusieurs facteurs essentiels : la construction des infrastructures de transport, des routes, des chemins de fer, des ports, des ponts pour pouvoir acheminer correctement les minerais. Ensuite, le renforcement des capacités de production énergétique. L'énergie est fondamentale », assure l'expert. L'ONG Éthique et bonne gouvernance salue les perspectives économiques du secteur minier. Cependant, le docteur Edmiaune Zouga, sa présidente, espère un réel impact social de ces futures exploitations. « Le plus important pour nous, c'est l'impact social. Il faudrait que cela touche, booste le citoyen lambda. Il faudrait que le Gabonais ressente cet impact économique dans son assiette », espère-t-elle. En parallèle avec sa politique d'exploitation massive de ses minerais, le gouvernement impulse une nouvelle politique de transformation locale de ses matières premières pour créer plus de richesses et d'emplois dans le pays. À lire aussiLe Gabon réussit sa levée de fonds à l'international, mais peine sur le marché régional

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À la Une: qui est responsable de l'afflux migratoire et du drame de Ceuta?

À la Une: qui est responsable de l'afflux migratoire et du drame de Ceuta?

C’était mercredi et jeudi dernier : plusieurs dizaines de milliers de personnes, marocaines mais aussi des migrants subsahariens, arrivent par la mer, à la nage, dans l’enclave espagnole et l’investissent. Le bilan est lourd : la délégation du gouvernement espagnol fait état de 72 morts, les autorités de la ville autonome en recensent 88. Pour sa part, l’Association marocaine des droits humains évoque près de 130 victimes et des dizaines de disparus, un décompte qui n’a pas été confirmé de manière indépendante. Depuis, la plupart des candidats à l’exil ont été expulsés ou sont partis d’eux-mêmes. Alors comment ce drame a-t-il pu survenir ? Qui est responsable ? Tout d’abord, pointe le site marocain Médias 24, « il n’est guère surprenant qu’un tel épisode ait donné naissance à une multitude de théories du complot, chacune plus imaginative que l’autre. Certains soutiennent que le Maroc aurait volontairement organisé cette traversée afin de relancer le dossier des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. D’autres évoquent une prétendue coordination entre Rabat, Israël et Washington destinée à punir Madrid pour ses positions sur la Palestine ainsi que sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran. D’autres encore affirment que le Maroc aurait instrumentalisé la migration pour rappeler au Premier ministre espagnol, qui s’est rendu dernièrement à Alger – principal rival de Rabat dans le dossier du Sahara – l’importance du levier stratégique dont dispose le Royaume sur la sécurité de l’Espagne ». Une décision de justice déformée et amplifiée… Non, tout cela est faux, affirme Médias 24. « Le véritable déclencheur, affirme le site marocain, est cette décision de justice rendue le 8 juillet dernier par le Tribunal constitutionnel espagnol. Décision selon laquelle les personnes atteignant le territoire espagnol à la nage ne peuvent faire l’objet d’un refoulement immédiat vers le Maroc. Mais doivent voir leur situation juridique examinée individuellement avant qu’une décision ne puisse être prise quant à leur éventuel éloignement ». « Vingt-deux jours, pointe le site marocain Le Desk, séparent cette décision de justice de la ruée du 30 juillet. Dans cet intervalle, l’arrêt a été traduit, commenté, reformulé puis réduit à un énoncé qu’il ne contient pas : toute personne qui atteint le territoire espagnol par la mer ne peut plus être renvoyée. Des dizaines de milliers de jeunes Marocains sont partis sur cette base, alors qu’en réalité, si la procédure change, ce n’est pas le cas de son issue possible, qui peut parfaitement rester le renvoi vers le Maroc. » Bref, la rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux a fait son œuvre…Justement, Le Monde Afrique a consulté de nombreux comptes ou groupes consacrés à l’exil vers Ceuta, certains existent depuis des années. « Difficile, affirme le journal, d’établir la responsabilité directe de ces contenus dans l’afflux des 30 et 31 juillet. La diffusion néanmoins massive, sur ces comptes déjà établis et très suivis, de l’arrivée de nombreuses personnes à Ceuta a probablement contribué à un effet "boule de neige", encourageant de nouvelles personnes à se lancer. Beaucoup d’informations et de rumeurs ont par ailleurs circulé sur des groupes privés WhatsApp ». Quatre jeunes Marocains sur dix sans travail… Ce qui est indiscutable dans ce drame, c’est qu’une grande partie de la jeunesse marocaine est sans horizon… C’est ce que relève le site Afrik.com : « Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict des 15-24 ans atteignait un peu plus de 27 % selon le Haut-Commissariat au plan marocain. Dans le Maroc de Mohammed VI, qui multiplie les grands chantiers et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030, plus de quatre jeunes sur dix demeurent privés d’un travail à la mesure de leurs besoins. Pourtant, beaucoup de ces jeunes sont diplômés mais leur salut semble devoir passer par l’exil. Ces chiffres n’expliquent pas seuls l’afflux vers Ceuta, pointe encore Afrik.com. Les rumeurs en ligne y ont contribué, comme la décision judiciaire espagnole et l’effondrement ponctuel du contrôle frontalier marocain. Ils aident en revanche à comprendre pourquoi des dizaines de milliers de personnes ont accepté de risquer leur vie pour quelques mètres de territoire européen ».

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