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Tchad: depuis 15 ans, Tabitha Hawa accueille des enfants abandonnés dans l'orphelinat qu'elle a fondé

Tchad: depuis 15 ans, Tabitha Hawa accueille des enfants abandonnés dans l'orphelinat qu'elle a fondé

Au Tchad, faute de structures étatiques adaptées, ce sont des personnes de bonne volonté qui, avec des moyens dérisoires, prennent en charge les orphelins. Leur engagement illustre une solidarité remarquable, mais révèle aussi l'absence criante de dispositifs publics de protection. Exemple à Ndjamena, où Mianodji Tabitha Hawa a transformé sa propre concession en orphelinat en 2011 : l'orphelinat Apsoa. De notre correspondant à Ndjamena, L'orphelinat Apsoa se trouve dans le 8e arrondissement, dans le quartier N'Djari. Ce matin-là, une vingtaine d'enfants jouent dans la cour. D'autres prennent leur bouillie, tandis que la plus jeune, âgée d'à peine un mois, pleure sans répit. « Je suis obligée de la prendre. Elle veut toujours qu'on la prenne en main », confie Mianodji Tabitha Hawa. La fondatrice de cet orphelinat est une ancienne employée de banque dans les années 1980. Mariée alors qu'elle n'avait que 12 ans, maltraitée, elle explique comment ses blessures l'ont poussée à se consacrer aux enfants abandonnés : « C'est une vision que j'ai eue en 2004, et j'ai essayé d'en parler à d'autres personnes pour qu'ils puissent m'aider. Ils n'ont pas pu. J'ai banalisé cela et jusqu'en 2009, la même vision m'est revenue encore. Je suis allée voir les veuves puisque j'étais veuve aussi, les veufs également, les personnes de bonne volonté. Et c'est en 2011 qu'on a eu l'autorisation de fonctionner. » Dans une concession de 500 m² environ, composée de cinq chambres et d'un salon modestement aménagé, vivent 50 enfants. Une vingtaine de lits, des nattes posées au sol, un téléviseur, mais l'orphelinat n'a ni école, ni centre de santé. « Nous nous débrouillons avec les moyens du bord, explique Tabitha Hawa. Notre chef de communication a essayé de faire les communications en ligne, et les gens de bonne volonté viennent pour nous donner les Bic, les cahiers, ainsi de suite. Quand ils (les enfants, NDLR) tombent malades, on fait d'abord appel à notre petite caisse de pharmacie qui est à la maison. Et au cas où c'est plus que notre force, on est obligé de passer par l'hôpital, et nous-même, nous dépensons notre argent pour les soins. » Et pour les moments de distraction, Laouré Paulin est là. C'est un rappeur et un ancien juriste. Il est tout acquis à la cause : « Nous les aidons dans la musique et nous faisons également plusieurs jeux pour pouvoir ouvrir leur esprit. Ces activités permettent également de véhiculer certaines valeurs, par exemple le respect, l'amour, la dignité. » L'orphelinat dispose d'un terrain pour y construire une école, mais faute de partenaires financiers, le projet reste en suspens depuis des années. « Dans toute œuvre humaine, les difficultés ne manquent pas, confie la fondatrice. Il faut que tu aies les finances pour pouvoir faire ce genre de travail. Les soucis, c'est le fait que les enfants, les tout petits, marchent d'ici pour aller à l'école. » Depuis 2011, Apsoa a accueilli près de 2 000 orphelins, sans distinction d'ethnie, de religion ou de sexe.

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Côte d'Ivoire: le label historique Coast to Coast fête ses 30 ans avec une semaine de création musicale

Côte d'Ivoire: le label historique Coast to Coast fête ses 30 ans avec une semaine de création musicale

Une vingtaine d'artistes venus d'Afrique, d'Amérique latine et d'Europe étaient réunis début octobre, à Abidjan, pour une semaine de créations musicales. L'occasion de célébrer, en collaboration avec l'ambassade de France en Côte d'Ivoire, les 30 ans d'activité du label ivoirien Coast to Coast, premier label dédié aux musiques urbaines en Afrique francophone. Il a produit des artistes incontournables de la scène ivoirienne. De notre correspondante à Abidjan, Ils viennent de se rencontrer et se retrouvent à composer ensemble en studio. 1da Banton et Maud Elka sont venus du Nigeria et de France pour mélanger leurs univers dans un morceau dont ils ont déjà choisi le thème : « C'est un amour à distance de Lagos to Paris. » Petit à petit, le son prend forme. La semaine de création est dédiée au label Coast to Coast. Sa dernière recrue est JP N'Dah, jeune influenceur ivoirien qui s'est lancé dans le rap ivoire et vient de sortir un premier EP. Lui qui débute dans le milieu profite de l'expérience du label. « Ce que j'apprécie vraiment, c'est que tu n'as pas l'impression que tu es dans un label. Tu as l'impression que tu es dans une famille genre. Parce que tout est au calme, il n'y a pas de pression », explique-t-il. En 30 ans, le label s'est imposé comme une référence. « Aujourd'hui, C2C est plus qu'un label. C'est un incubateur, parce qu'on a des artistes qui sont dans plusieurs pays, pas seulement en Côte d'Ivoire. Et la marque est une marque qui, aujourd'hui, voyage à travers des succès qu'on a avec des artistes comme L'Oiseau Rare, à travers des artistes qu'on veut signer au Cameroun, et qui ont déjà un certain nom et cachet », ajoute Cheikh-Louis Tall, directeur de Coast to Coast. L'aventure a commencé en 1996 avec Jean-Marc Guirandou, le fondateur du label, décédé en 2016. « Coast to Coast et Jean-Marc Guirandou ont été les premiers à ramener le rap français mais ivoirien, avec l'argot ivoirien. Donc, avec Almighty et le premier album qui s'appelait Le dieu du swing. Ils ont fait 10 000 ventes en 24 heures et ils ont vendu 100 000 albums au total, ce qui représentait sur le marché ivoirien quelque chose de très gros et qui n'avait jamais été fait auparavant », explique-t-il. Aujourd'hui, le label porte des figures de la scène ivoirienne comme le rappeur Didi B ou encore L'Oiseau rare, artiste gabonais résident en Côte d'Ivoire. Un succès remarqué vu les difficultés qui se font ressentir dans l'industrie musicale du pays. « Malheureusement, beaucoup de labels sont venus et sont partis quelques années après par manque de subventions, d'aides, de résultats vraiment impactants », ajoute-t-il. L'un des problèmes communs à d'autres pays d'Afrique francophone est la non monétisation des artistes sur les plateformes. Un sujet sur lequel se penche actuellement la Côte d'Ivoire. À lire aussiGrand angle : le difficile export de la musique camerounaise

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