on pourrait ne pas savoir ne pas savoir, on pourrait ne pas voir venir de loin, on pourrait entendre le sable se consumer lentement en perles de verre, on pourrait sentir la cuisson des oignons de l’huile d’olive des tomates des aubergines des courgettes
cessez de croire vos émotions, ne vous laissez pas distraire, soyez vigilants, laissez s'exprimer laissez-les sortir montrez-les, dormez cinq heures, dites stop, le piège dans lequel tout le monde, quittez tout, ne vous laissez pas influencer, réveillez-vous, ne vous retournez, allez de l'avant
Avant que les pierres n’apparaissent, où reposer les corps, avant qu’on nous pousse, comment les falsifier, avant qu’on ne glisse, et si on y retournait, avant que rien ne nous retienne, quelles pages emporter à lire, avant que les parfums s’éteignent, de quel cantilène allait-on se dépouiller
faut pas vous en faire ça lui fera plaisir, c’est ce qui se fait de mieux aujourd’hui bientôt ça ne se fera plus, c’est fait sur mesure, c’est pas exactement fait pour moi, si c’est bien fait, c’est bien fait, c’est pas fait pour moi, faire mieux c’est pour lui, peut mieux faire
Prisonnier d’un temps tout à soi sans aucune autre utilité que défricher ces recueils intimes intracrâniens, nouvelles expressions du monde, germes aujourd’hui, infections demain, merveilles des sciences dans une boîte à musique
Ou ça s’efface parce que c’est trop cryptique, ou ça déroule écœurant une pompe trop pédante, ou désormais c’est inintelligible par sa mécanique synthétique insignifiante C’est pour surmonter ces intensités, jusqu’à les refuser que le travail de l’ordinaire presqu’éprouvant me recherche.
Les utopies du partage en période de dystopie, l’épuisement aux limites du toujours plus, savoir s’arrêter de consommer avant d’être consumé
Se hisser vers des lignes de secours avant que la corde lâche et que tout soit perdu… l’incertitude des asymétries en être et faire
C’est de patience avec soi même qu’il faut savoir user quand plus rien n’avance… même si tout semble accuser cette indolence visqueuse, immorale et frauduleuse qui piétine sur place… les grands moyens drastiques se moquent de la bienveillance
Comprendre ce qui s’est passé, c’est rassembler un puzzle aux bruits des pièces à l’oreille, des appels qui trompettent
Un vertige entré par effraction d’un flux de la nature des non-dits… les ressentir fluctuer dans les moindre détails
Ne plus être au milieu de quelque chose, mettre le doigt sur un point de départ…
Tant pis si c’est imparfait et éloigné de la pensée complexe, je préserve le jeux pour continuer le bricolage…
Dans les choux, une boussole, perdre sa bonne étoile, chercher sa destinée vers Sirius, Canopus dans un champ de cosmos…
j’ai ouvert la boite à livre des magazines, des trésors… sur la vitre une affichette manuscrite un numéro de téléphone
La Jeunesse des morts
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des revenants et non pas des survivants… écrire pour faire deux fois l’expérience…
Quand je pense qu’ils envoient des fusées sur la lune, et que je ne suis pas fichu de dire non sans en perdre le sommeil…
des livres par centaines, introuvables pour certains, sources d’inspiration inestimables… ce paysage discret
des actes anciens écrits à la plume avec des pleins et déliés, feuillets couverts d’encre, dessin en filigrane à la lumière du papier vélin
Au point d'équilibre que j’actionne. Le sol verdit. La grille s’ouvre. Tout le vert irrigué de l’été se consume.
Les poétesses broderont loin de tout, elles regardent par la fenêtre sombre, y réfléchissent, répètent les gestes…
frémissement de sa voix avant de sombrer, les réseaux m’enchaînent, nul repos, tout le film du jour
Que peut l’album des photogrammes du lointain, des traces de vie, des dessins d’enfant, des photocopies grises, des transcriptions coupées, des notations, des extraits, des citations, du plagiat, du pastiche, de la parodie….
long couloir gris et très haut du "Bunker" avec salle secrète au fond à droite qui débouche sur un énorme complexe avec plusieurs salles d’inégales étendues
Au seuil du texte, paysage et corporel, historique et présent, à la fois intellectuel et sensoriel, familier d’une inquiétante étrangeté…
Un trait, un piquet redessine marque orange sur sol squelettique aride au bord de la piscine gagner quelques centièmes métriques
donne des racines illimitées aux germes d’analyse
Les magnétophones entendent les cloches, c’est au loin, à vingt-trois heures un véritable concert, des poètes et des musiciens interdits, à minuit activités clandestines, des copies d’enregistrement…
Jaune lancinant fleurs alléchantes, je m’éloigne, au bout dépêche, chemin des déflagrations, les plombs m’empoignent sur le champs à perte de détonations
Ceux qui disent : Cré Nom, ceux qui disent macache, Soldats, marins, débris d'Empire, retraités, Sont nuls, très nuls, devant les Soldats des Traités Qui tailladent l'azur frontière à grands coups d’hache Arthur Rimbaud, Les Douaniers