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La nuit des juges Hubert Haddad Des nouvelles de fantômes pour évoquer les effleurements d’une magie éperdue, le silence de nos tacites culpabilités, les fantastiques réticences par lesquelles, opaques, l’ensemble revient, circule, inconsistant ou comme un détail d’une indéchiffrable…

La nuit des juges Hubert Haddad

Des nouvelles de fantômes pour évoquer les effleurements d’une magie éperdue, le silence de nos tacites culpabilités, les fantastiques réticences par lesquelles, opaques, l’ensemble revient, circule, inconsistant ou comme un détail d’une indéchiffrable signification. Dans une prose envoûtante, d’une telle beauté plastique parfois que l’équilibre de ses phrases paraît apprêté, gratuit comme le brillant exercice de style que souvent sont les nouvelles avant, ici, d’être happées par une sourde angoisse politique, une claire vision de la déprédation des puissants, de l’impuissante résistance que, malgré tout, permet fugacement cette haute exigence stylistique, l’ironie et la distanciation qu’elle exige, dans le spectral de son style donc, Hubert Haddad nous entraîne dans des accidents de cars en bord de Loire, des châteaux en Sologne ou dans les bidonvilles d’un fascisme que tout semble aujourd’hui nous promettre. Les quatorze nouvelles de La nuit des juges, comme hantées par la perte, la force de ce qui subsiste laissent résonner l’étendue d’un imaginaire ainsi que, hélas, la légère réserve d’une maîtrise trop grande, extérieure presque à son sujet.

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Le corps Mircea Cărtărescu Inquiétante, débridée, fractale architectonique d'un corps qui, plus qu'un corpus, plus que celui d'un livre fou écrit par un narrateur à l'enfermement maniaque, serait celui de nos ravissements, envols, dépassements et hallucinée recomposition de l'incertitude du…

Le corps Mircea Cărtărescu

Inquiétante, débridée, fractale architectonique d'un corps qui, plus qu'un corpus, plus que celui d'un livre fou écrit par un narrateur à l'enfermement maniaque, serait celui de nos ravissements, envols, dépassements et hallucinée recomposition de l'incertitude du miroitement, du mirage et des visions du souvenir du jeune Mircea, de son enfance et de la Roumanie des années 1960 en ses craintes et découvertes, en ses pulsions et refoulements. Dans ce second volume d'Orbitor, Le corps, Mircea Cărtărescu reprend son entêtante circulation métaphorique des mots, du vocabulaire anatomique et scientifique, de leur confusion entre ce corps de papillon et celui du narrateur, pour continuer à inventer, à retranscrire les infinis passages, strates, miroirs et anamorphoses, que sont la réalité et ses portes de sortie qui ici vont d'un tapis à des pièces sans cesse découvertes, des vols au-desssus de soi, des incursions à Amsterdam où dans de mystérieux tableaux comme autant de reflets de ce livre. Le corps se révèle une belle spéculation sur l'utérine remontée dans les souvenirs, la plongée dans le vide d'une forme d'élection et la fatalité aliénante du personnage de roman.

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