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Chronique Policière

Liberté de la presse : L'Etat est condamné en raison des blessures subies par deux journalistes (de Libération & de Reporterre). Alors qu'ils couvraient des opérations d'évacuation à Notre-Dame-des-Landes, ils ont, chacun, été blessés par des grenades lancées par les gendarmes. => bit.ly/4xkeOwt

Il est constant, ainsi que rappelé au point 1, que Mme C... était présente sur la « ZAD » le 11 avril 2018 en qualité de journaliste pour le journal « Reporterre ». Elle précise être arrivée dans la matinée pour couvrir le cortège dit des « cheveux blancs ». Vers 14 heures 15, une marche, décrite comme festive, s'est engagée dans le chemin des fosses noires, en direction du champ à l'angle du chemin des Fosses noires et de la RD 281, menée par une batucada. Mme C... précise s'être rendue dans le champ où étaient présents des gendarmes depuis la matinée afin de prendre en photographie l'arrivée de cette marche. Elle expose que lorsque que le cortège est arrivé, sans agressivité ni violence, devant les gendarmes, ces derniers, après sommations, ont commencé à lancer des bombes lacrymogènes, puis des grenades GLI-F4. Elle soutient avoir immédiatement cherché à fuir, mais que la fuite a été rendue difficile à raison du terrain, de la présence importante de gaz lacrymogènes dans l'air, d'un passage réduit au travers d'une haie pour quitter le champ. Elle expose avoir alors ressenti le souffle d'une explosion juste derrière elle, puis une forte douleur à l'arrière de la jambe droite. L'expert en balistique conclut qu'au vu des moyens à disposition des forces de l'ordre lors des opérations d'évacuation de Notre-Dame-des-Landes, du polycriblage par de fins éclats métalliques à l'arrière de la jambe de Mme C..., de l'examen du jeans taché de sang qu'elle portait, l'intéressée a été victime de l'explosion d'une grenade GLI-F4. Ainsi, il est établi, et au demeurant non contesté, que Mme C... a été blessée par l'intervention des forces de l'ordre contre le rassemblement de contestation d'évacuation de la « ZAD » le 11 avril 2018.
Si, ainsi que le fait valoir le préfet, la qualité de journaliste de Mme C... n'était pas clairement identifiable, cette circonstance est cependant insuffisante à exonérer, même partiellement, l'Etat de sa responsabilité dès lors qu'il n'est pas contes…