@leoxymoron3.bsky.social

Ne soyez pas trop satisfaits de vous-même parce que vous aurez triangulé deux chiffres ronds afin d'émettre une opinion carrée Compte susceptible de contenir du mouflage alternatif.

On supporte pas des mômes dans un train On supporte pas 1 môme qui joue au pistolet à eau On supporte pas un môme qui plonge ou qui écoute de la musique.. On se farci des gens qui font des vocaux dans TOUT le magasin même à la caisse & qui ne COUPENT pas leur conversation face à 1 humain qui bosse

Si on veut mettre fin au massacre et concevoir un futur qui ne soit pas qu'une dystopie, il n'y a pas d'alternative à l'ouverture des frontières et au démantèlement de l'industrie du refoulement.

Mais la fixette sur Sanchez, et sur les attaques dont il fait l'objet de la part des fafs et des États voisiins, a ceci de confortable qu'elle permet de s'épargner toute discussion sur le seul sujet en jeu dans le carnage du 31 juillet : les violences aux frontières de l'Europe.

Ce qu'il incarne, c'est l'échec cuisant d'une conception réformiste ou sociale-démocrate de la forteresse Europe. Le régime du pushback aux frontières n'est pas soluble dans les bons sentiments. Il n'y a pas de juste milieu entre égalité des droits et régime du crime de masse.

sur la question du complexe militaro-frontalier européen, qui est à la fois une gigantesque machine à tuer et l'un des principaux véhicules de la fascisation de notre continent, le gouvernement Sanchez incarne non pas la résistance, mais la continuité.

Pedro Sanchez a pris des positions exceptionnellement honorables sur la Palestine, et c'est évidemment ce que lui font payer le régime nazi-tech US et les États mange-merdes de l'UE, mais il ne faut pas s'y tromper :

« il en résulte que, paradoxalement, la frontière de Ceuta est aujourd’hui une jungle de barbelés, à l’opposé total de l’engagement en faveur des droits de l’homme et de l’intégrité physique des migrants au nom duquel le gouvernement de Pedro Sánchez a justifié cette réforme ».

Simultanément, le Maroc, en accord avec l'Espagne, a doublé le mur en édifiant un rempart sur son propre territoire, évidemment couronné de barbelés concertina. Comme le notait le quotidien espagnol ABC en octobre 2019,

Mieux : pour compenser le retrait du concertina, l’Espagne « socialiste » décida de surélever de 30 % les tronçons les plus sensibles des murs de Ceuta et de Melilla. Le saute-murailles ne s'entaillera plus les chairs, il se brisera les os en tombant. Immense progrès.

Alors en quoi la politique migratoire de Sanchez est-elle, aheum, "de gauche" ? À cette question, on vous répondra invariablement que le PM a eu la bonté de retirer les barbelés concertina et de les remplacer par des obstacles anti-grimpe non-létaux et encore plus de technologies "intelligentes".

La dernière livraison espagnole remonte à l'année dernière : véhicules tout-terrain, camions, bateaux, caméras thermiques, matériels de surveillance nocturne, etc. Parallèlement, en dix ans, l'UE a déboursé plus de 360 millions d'euros pour que le Maroc joue le garde-chiourme de l'Europe.

Dès 2019, il décidait de fournir au Maroc pour 30 millions d’euros de véhicules militaires, de drones et de radars destinés au flicage des gens qui bougent. Depuis, la manne a coulé sans interruption, sous forme d’aides financières directes et de matériel militaro-policier.

Tertio : on a beaucoup glosé sur les tensions entre le régime corrompu du roi Mohammed VI et la team Sanchez, mais cette opposition est largement factice. Depuis sa nomination, le PM espagnol ne cesse de graisser la patte de ses alliés marocains pour qu'ils répriment les personnes migrantes.

Ceuta et Melilla deviennent les avant-postes autant que les laboratoires d’une forteresse Europe en train de forger ses troupes et ses armes de surveillance high-tech. Frontex débarque, avec ses drones et ses experts, et là encore le gouvernement Sanchez se montre un partenaire docile et appliqué.

Titre du média espagnol Moncloa du 11 juin 2026 : "Las claves de la operación ‘Minerva’ de Frontex y la Policía en las costas españolas contra la inmigración ilegal." Et en sous-titre : "El dispositivo se desarrolla desde hoy en los puertos de Algeciras, Tarifa y Ceuta con 137 efectivos de 15 países. El objetivo es controlar los flujos migratorios irregulares y combatir el crimen organizado."

Il se dote de tourelles, de chemins de patrouille, de caméras infra-rouges, de capteurs de chaleur et de mouvements, de barbelés concertina tranchants comme des rasoirs qui causeront des plaies si atroces qu’un médecin les comparera à des blessures de guerre.